Présentation du Grand Orgue
Grand Orgue
de la Cathédrale Saint-Just-Saint-Pasteur
de Narbonne
Aude 11

(
Photo réalisée par M. Bernard Cassaigne
au Profit de l’Association« des Amis des Orgues de Narbonne et de la Narbonnaise »
et à son usage exclusif.
La cathédrale restant inachevée (elle n'a pas de nef), l'orgue est accroché au mur qui clôt le choeur, et surplombe les stalles.
L'imposant buffet (hauteur = 23 m, largeur = 12 m, le tout à 14 m du sol) est certainement l'un des plus beaux du XVIIIe français.
Historique :
1493 :
Orgue gothique de PETIT, placé sur un jubé
XVIe-XVIIe :
Réparations et agrandissements
1697-1701 :
Restauration par DE JOYEUSE et LESCLOP (IV,P,47 jeux)
1727 :
Incendie du chœur, destruction des stalles, et de l'orgue
1739-1741 :
Construction de l'orgue actuel par Christophe MOUCHEREL,
originaire de Toul. L'orgue compte alors 48 jeux (dont 14 anches)
répartis sur 4 claviers et un pédalier. Malheureusement, la mécanique
n'est pas aussi parfaite que les lignes du buffet. Et l'orgue présente
rapidement des insuffisances d'alimentation et beaucoup de dureté
dans la transmission. D'où :
1766-1770 :
Reconstruction quasi-totale de l'instrument par Jean-François L'EPINE
(IV,P,47 jeux)
1793 :
Quelques airs patriotiques ont permis de sauvé l'Orgue de la destruction !
1844 :
Reconstruction romantique par Zeiger de Lyon (III,P,39 jeux)
L'orgue devient vite injouable.
1856-1858 :
Reconstruction par Théodore PUGET (III,P,42 jeux)
1910 :
Incendie de l'orgue de chœur.
Cependant on parvient à sauver les stalles et le grand-orgue.
Mais ce dernier a beaucoup souffert de la chaleur...
Création de l'Association les "Amis de l'Orgue de Saint Just,
pour aider à la restauration du grand Orgue.
1927 :
Reconstruction moderne. L'orgue attire alors les plus grands :
Dupré, Cellier, Bonnet...
Il tombe ensuite dans l'oubli.
1982-1993 :
Restauration par M. Bertyl SOUTOUL de Nîmes.
restitution du Positif de dos «jeux non encore placés dans l’instrument».
cette entreprise n’a pu être menée à bien électrification de la transmission
qui était pneumatique.
2001 :
L’Association des « Amis des Orgues de Narbonne » finance intégralement
l’installation sur l’orgue d’un combinateur, installé par M. Bertyl SOUTOUL

Composition de l'instrument actuel :
4 claviers, pédalier, 67 jeux
de la Cathédrale Saint-Just-Saint-Pasteur
de Narbonne
Aude 11

(
Photo réalisée par M. Bernard Cassaigne
au Profit de l’Association« des Amis des Orgues de Narbonne et de la Narbonnaise »
et à son usage exclusif.
La cathédrale restant inachevée (elle n'a pas de nef), l'orgue est accroché au mur qui clôt le choeur, et surplombe les stalles.
L'imposant buffet (hauteur = 23 m, largeur = 12 m, le tout à 14 m du sol) est certainement l'un des plus beaux du XVIIIe français.
Historique :
1493 :
Orgue gothique de PETIT, placé sur un jubé
XVIe-XVIIe :
Réparations et agrandissements
1697-1701 :
Restauration par DE JOYEUSE et LESCLOP (IV,P,47 jeux)
1727 :
Incendie du chœur, destruction des stalles, et de l'orgue
1739-1741 :
Construction de l'orgue actuel par Christophe MOUCHEREL,
originaire de Toul. L'orgue compte alors 48 jeux (dont 14 anches)
répartis sur 4 claviers et un pédalier. Malheureusement, la mécanique
n'est pas aussi parfaite que les lignes du buffet. Et l'orgue présente
rapidement des insuffisances d'alimentation et beaucoup de dureté
dans la transmission. D'où :
1766-1770 :
Reconstruction quasi-totale de l'instrument par Jean-François L'EPINE
(IV,P,47 jeux)
1793 :
Quelques airs patriotiques ont permis de sauvé l'Orgue de la destruction !
1844 :
Reconstruction romantique par Zeiger de Lyon (III,P,39 jeux)
L'orgue devient vite injouable.
1856-1858 :
Reconstruction par Théodore PUGET (III,P,42 jeux)
1910 :
Incendie de l'orgue de chœur.
Cependant on parvient à sauver les stalles et le grand-orgue.
Mais ce dernier a beaucoup souffert de la chaleur...
Création de l'Association les "Amis de l'Orgue de Saint Just,
pour aider à la restauration du grand Orgue.
1927 :
Reconstruction moderne. L'orgue attire alors les plus grands :
Dupré, Cellier, Bonnet...
Il tombe ensuite dans l'oubli.
1982-1993 :
Restauration par M. Bertyl SOUTOUL de Nîmes.
restitution du Positif de dos «jeux non encore placés dans l’instrument».
cette entreprise n’a pu être menée à bien électrification de la transmission
qui était pneumatique.
2001 :
L’Association des « Amis des Orgues de Narbonne » finance intégralement
l’installation sur l’orgue d’un combinateur, installé par M. Bertyl SOUTOUL

Composition de l'instrument actuel :
4 claviers, pédalier, 67 jeux
| I : Positif de dos 56 notes (C-g''') |
II : Grand Orgue 56 notes (C-g''') |
III : Positif expressif 56 notes (C-g''') |
IV : Récit expressif 56 notes (C-g''') |
Pédale 30 notes (C-f') |
| Montre 8' | Montre 16' | Bourdon 8' | Bourdon 16' | Principal 16' |
| Bourdon 8' | Bourdon 16' | Salicional 8' | Flûte harmonique 8' | Bourdon 16' |
| Prestant 4' | Montre 8' | Unda Maris 8' | Gambe 8' | Flûte 16' |
| Flûte 4' | Bourdon 8' | Flûte 4' | Voix Céleste 8' | Quinte 10'2/3 |
| Nazard 2'2/3 | Flûte harmonique 8' | Nazard 2'2/3 | Flûte 4' | Principal 8' |
| Doublette 2' | Salicional 8' | Doublette 2' | Octavin 2' | Bourdon 8' |
| Quarte de Nazard 2' | Prestant 4' | Tierce 1'3/5 | Cornet V | Flûte 8' |
| Tierce 1'3/5 | Flûte 4' | Plein-Jeu II-IV | Bombarde 16' | Principal 4' |
| Larigot 1'1/3 | Grosse Tierce 3'1/5 | Trompette 8' | Trompette 8' | Flûte 4' |
| Fourniture III | Doublette 2' | Clairon 4' | Clairon 4' | Contre Bombarde 32' |
| Cymbale III | Piccolo 1' | Musette 8' | Voix Humaine 8' | Bombarde 16' |
| Trompette 8' | Cornet V | Basson-Hautbois 8' | Trompette 8' | |
| Clairon 4' | Fourniture V | Clairon 4' | ||
| Cromorne 8' | Cymbale IV | |||
| Bombarde 16' | ||||
| Trompette 8' | ||||
| Clairon 4' |
Transmission électrique
Accouplements et Combinaisons :
Accouplements : I/II, III/II, IV/II, IV/III, III/I, IV/I, IV/II en 16, IV/IV en 16
Tirasses : I, II, III, IV Pédales d'expression III et IV
Pédale de crescendo
Tremblants réglables I et IV Appels d'anches : I, II, III, IV, Ped
Dominos basculants aux manuels et pistons aux pieds, réversibles

Combinateur numérique
Tuyaux de Moucherel, L'Epine, Zeiger, Puget et Soutoul (31 jeux classés)
Malgré toutes ces vicissitudes, on peut admirer aujourd'hui un splendide buffet et, je pense, un instrument à la hauteur de celui-ci.
Sources : Reprise de la feuille éditée par les Amis des Orgues de Narbonne,
et mise à la disposition des touristes qui visitent la Primatiale de Narbonne.
Ce document fut rédigé par M. Pierre Louillet Vice-Président et mis en page
par le trésorier Patrick Lécuyer. Toute reproduction doit se faire avec
l'autorisation du Président (e) de l'Association des
"Amis des Orgues de Narbonne et de la Narbonnaise".
et livret du CD :
Musique française pour Clarinette et Grand Orgue, Guy Morançon & George Espuña, Coriolan COR 321 403 enregistrement 1994

L’orgue & ses éléments.
L’orgue à tuyaux est le plus ancien des instruments mécaniques de musique. Inventé en 246 Av. J.-C. par Ktésibios, grec d’Alexandrie, il fut utilisé au début dans le cirque, les palais impériaux et au cours des cérémonies religieuses païennes.
En 757, L’empereur de Byzance, Constantin V Copronime, offre un orgue à Pépin le Bref qui le place dans son palais à Compiègne. En 826, Georges, moine et prêtre de Venise, construit un orgue pour Louis le Pieux qui le place dans la Cathédrale d’Aix-la-Chapelle. En 872, le pape Jean VIII commande un orgue. L’orgue pénètre dans l’église: Cathédrales, monastères, chapelles...
On distingue alors trois sortes d’orgues:
-L’ORGUE PORTATIF à deux rangs de tuyaux, porté par une seule personne, surtout utilisé pour les fêtes.
-LE POSITIF de table (ou parfois posé sur le sol), à trois rangs de tuyaux, déplaçable par plusieurs personnes, qui sert souvent à accompagner le chant d’église.
-LE GRAND ORGUE, comportant plusieurs soufflets (jusqu’à 12 !), plusieurs séries de tuyaux rangés sur un sommier placé derrière la façade; celle-ci est ornée des grands tuyaux de montre. Depuis l’antiquité, l’instrument a été perfectionné pour aboutir aux orgues actuelles très complexes, Le grand orgue de la Cathédrale de Narbonne a été construit en 1739-1741 par Christophe MOUCHEREL; restauré en 1766 par Jean-François LEPINE, en 1844 par Augustin ZELGER; transformé en 1856 par Théodore PUGET, en 1925-1927 par Maurice PUGET; restauré en 1984-1990 (1° tranche) par Bertyl SOUTOUL.
Il comporte 4 claviers manuels (56 touches) et 1 pédalier (30 touches). La transmission du mouvement des touches aux soupapes et des tirants de jeux aux registres est électrique (électro-aimants de 24 volts). La soufflerie est alimentée par un ventilateur électrique.
C’est un très grand instrument, très complexe.
Pour comprendre les éléments et le fonctionnement de l’orgue, un instrument simple (1 clavier, 1 pédalier) a été choisi: Celui de West- Cappel (Région Nord).
- LE BUFFET (celui de Narbonne) est un meuble de bois souvent sculpté, comportant presque toujours des tuyaux en façade
- LA SOUFFLERIE et le VENT.
(‘les poumons de l’instrument”!)
- LA CONSOLE (Claviers, pédalier, tirant de registres...)
(“Le cerveau de l’instrument”!) - -
- LA TRANSMISSION (mécanique) avec vergettes de bois.
(“Les muscles et les os de l’instrument”!)
- LE SOMMIER qui porte les tuyaux (avec registres coulissants).
(“La gorge de l’instrument”!)
- Les TUYAUX (leurs sonorités et leurs formes variées).
(“Les cordes vocales de l’instrument”!)

LA CONSOLE. C’est le poste de commandement de l’orgue. Il comporte l’ensemble des claviers, tirants de jeux, pédales d’accouplements, de tirasses, de combinaisons, pédales ou dominos basculants divers, etc. .. Il y a deux sortes de console: La console en fenêtre est située dans le soubassement de l’orgue, derrière le positif de dos. L’organiste fait face à l’orgue. La console en commode est séparée du buffet d’orgue qui se trouve derrière l’organiste. (Système plus récent) Chaque clavier porte un nom (en commençant par le plus bas):Positif de dos, grand orgue, bombarde, (éventuellement) positif de poitrine, Récit, écho. etc.: Suivant le nombre de claviers.


LA TRANSMISSION. Différents systèmes transmettent le mouvement de la touche (du clavier manuel ou du pédalier> à la soupape dans le sommier. Ces systèmes sont mécaniques, pneumatiques ou électriques. (parfois mélangés) Le système Mécanique utilise vergettes, pilotes, équerres, abrégéLes vergettes sont des lamelles de bois flexibles et minces transmettant le mouvement de traction parfois sur une grande longueur. Leurs extrémités sont liées à une tige filetée avec écrou de cuir. Un peigne évite les frottements latéraux.Les pilotes sont des petites tringles de bois cylindriques et rigides transmettant le mouvement de poussée.Les équerres transmettent le mouvement è angle droit.L’abrégé est un système de rouleaux parallèles fixés sur un trapèze qui transmet le mouvement du clavier au sommier est plus large. Il réduit, ‘abrège”, la longueur du sommier è celle du clavier.Les tirants de jeux communiquent leur mouvement par des équerres et des pilotes tournants. Une pédale ‘expressive” permet parfois de fermer ou d’ouvrir des jalousies enfermant les tuyaux d’un clavier, souvent le récit.Beaucoup d’organistes préfèrent le ‘toucher mécanique” à cause de la “sensation” de la soupape... Le système pneumatique a été inventé en 1840 par Charles Barker pour alléger la résistance des claviers (touche à plusieurs soupapes). Un relais pneumatique est situé entre chaque touche et as soupape; C’est un petit soufflet cunéiforme, commandé par la touche du clavier et alimenté par un vent sous forte pression, qui peut s’ouvrir ou se fermer avec rapidité et force.Parfois même la transmission se fait intégralement par un tube à air comprimé qui actionne un petit soufflet tirant la soupape.La machine Barker (ensemble des relais pneumatiques) ou le système tubulaire permettent un toucher souple des claviers, mais provoquent un léger décalage entre l’organiste et le début du son.Ce système n’est plus très utilisé.

LE SOMMIER. Le sommier est l’élément le plus complexe de l’orgue. Ressemblant à une caisse plate rectangulaire, il permet de faire parler le tuyau correspondant à la note et à la sonorité choisie. Il comprend trois parties :
La LAYE où arrive l’air de la soufflerie. A l’intérieur se trouve les ressorts qui appliquent les soupapes (une par touche de clavier) contre le plafond de la laye et bouchent les ouvertures vers la gravure. Les soupapes peuvent être abaissées par des tiges de fer qui traversent le plancher de la laye et sont reliées aux touches des claviers. Les boursettes entourent les tiges et évitent les fuites d’air. La laye alimente les gravures.
Les GRAVURES, situées au dessus de la laye, sont délimitées par des barres de bois parallèles et perpendiculaires à la laye, sur la largeur du sommier. Chaque gravure correspond à une seule touche du clavier et alimente tous les tuyaux placés au dessus d’elle. Les gravures et la laye sont rendues étanches par encollage de parchemins.
Le DESSUS du sommier. Sur les gravures se trouve la TABLE percée de trous (1 par tuyau). Sur la table sont fixées, perpendiculairement aux gravures, des règles de bois (faux registres ou registres dormants) entre lesquelles coulissent des règles de bois plus larges, REGISTRES coulissants, percés de trous (un trou par gravure et par touche de clavier). Le registre permet aux tuyaux de même série sonore de parler Il y a autant de registres que de Jeux au clavier. Au dessus des registres et des faux registres, la CHAPE, percée de trous comme la table soutient les tuyaux et assure l’étanchéité du sommier. A une quinzaine de cm. au dessus de la chape, une série de planches, percées de trous (plus grands) comme la chape, le FAUX SOMMIER permet de tenir les tuyaux verticalement. Fonctionnement du Sommier: La laye apporte le vent; la touche du clavier tire la soupape qui, ouverte, alimente la gravure. Le tirant de jeu de la console déplace le registre pour placer ses trous en face de ceux de la table. Le vent sort de la gravure et pénètre dans le tuyau qui émet un son. Il y a généralement au moins un sommier par clavier, parfois deux ou quatre suivant l’importance de l’orgue…



Accouplements et Combinaisons :
Accouplements : I/II, III/II, IV/II, IV/III, III/I, IV/I, IV/II en 16, IV/IV en 16
Tirasses : I, II, III, IV Pédales d'expression III et IV
Pédale de crescendo
Tremblants réglables I et IV Appels d'anches : I, II, III, IV, Ped
Dominos basculants aux manuels et pistons aux pieds, réversibles

Combinateur numérique
Tuyaux de Moucherel, L'Epine, Zeiger, Puget et Soutoul (31 jeux classés)
Malgré toutes ces vicissitudes, on peut admirer aujourd'hui un splendide buffet et, je pense, un instrument à la hauteur de celui-ci.
Sources : Reprise de la feuille éditée par les Amis des Orgues de Narbonne,
et mise à la disposition des touristes qui visitent la Primatiale de Narbonne.
Ce document fut rédigé par M. Pierre Louillet Vice-Président et mis en page
par le trésorier Patrick Lécuyer. Toute reproduction doit se faire avec
l'autorisation du Président (e) de l'Association des
"Amis des Orgues de Narbonne et de la Narbonnaise".
et livret du CD :
Musique française pour Clarinette et Grand Orgue, Guy Morançon & George Espuña, Coriolan COR 321 403 enregistrement 1994

L’orgue & ses éléments.
L’orgue à tuyaux est le plus ancien des instruments mécaniques de musique. Inventé en 246 Av. J.-C. par Ktésibios, grec d’Alexandrie, il fut utilisé au début dans le cirque, les palais impériaux et au cours des cérémonies religieuses païennes.
En 757, L’empereur de Byzance, Constantin V Copronime, offre un orgue à Pépin le Bref qui le place dans son palais à Compiègne. En 826, Georges, moine et prêtre de Venise, construit un orgue pour Louis le Pieux qui le place dans la Cathédrale d’Aix-la-Chapelle. En 872, le pape Jean VIII commande un orgue. L’orgue pénètre dans l’église: Cathédrales, monastères, chapelles...
On distingue alors trois sortes d’orgues:
-L’ORGUE PORTATIF à deux rangs de tuyaux, porté par une seule personne, surtout utilisé pour les fêtes.
-LE POSITIF de table (ou parfois posé sur le sol), à trois rangs de tuyaux, déplaçable par plusieurs personnes, qui sert souvent à accompagner le chant d’église.
-LE GRAND ORGUE, comportant plusieurs soufflets (jusqu’à 12 !), plusieurs séries de tuyaux rangés sur un sommier placé derrière la façade; celle-ci est ornée des grands tuyaux de montre. Depuis l’antiquité, l’instrument a été perfectionné pour aboutir aux orgues actuelles très complexes, Le grand orgue de la Cathédrale de Narbonne a été construit en 1739-1741 par Christophe MOUCHEREL; restauré en 1766 par Jean-François LEPINE, en 1844 par Augustin ZELGER; transformé en 1856 par Théodore PUGET, en 1925-1927 par Maurice PUGET; restauré en 1984-1990 (1° tranche) par Bertyl SOUTOUL.
Il comporte 4 claviers manuels (56 touches) et 1 pédalier (30 touches). La transmission du mouvement des touches aux soupapes et des tirants de jeux aux registres est électrique (électro-aimants de 24 volts). La soufflerie est alimentée par un ventilateur électrique.
C’est un très grand instrument, très complexe.
Pour comprendre les éléments et le fonctionnement de l’orgue, un instrument simple (1 clavier, 1 pédalier) a été choisi: Celui de West- Cappel (Région Nord).
- LE BUFFET (celui de Narbonne) est un meuble de bois souvent sculpté, comportant presque toujours des tuyaux en façade
- LA SOUFFLERIE et le VENT.
(‘les poumons de l’instrument”!)
- LA CONSOLE (Claviers, pédalier, tirant de registres...)
(“Le cerveau de l’instrument”!) - -
- LA TRANSMISSION (mécanique) avec vergettes de bois.
(“Les muscles et les os de l’instrument”!)
- LE SOMMIER qui porte les tuyaux (avec registres coulissants).
(“La gorge de l’instrument”!)
- Les TUYAUX (leurs sonorités et leurs formes variées).
(“Les cordes vocales de l’instrument”!)
LA CONSOLE. C’est le poste de commandement de l’orgue. Il comporte l’ensemble des claviers, tirants de jeux, pédales d’accouplements, de tirasses, de combinaisons, pédales ou dominos basculants divers, etc. .. Il y a deux sortes de console: La console en fenêtre est située dans le soubassement de l’orgue, derrière le positif de dos. L’organiste fait face à l’orgue. La console en commode est séparée du buffet d’orgue qui se trouve derrière l’organiste. (Système plus récent) Chaque clavier porte un nom (en commençant par le plus bas):Positif de dos, grand orgue, bombarde, (éventuellement) positif de poitrine, Récit, écho. etc.: Suivant le nombre de claviers.


LA TRANSMISSION. Différents systèmes transmettent le mouvement de la touche (du clavier manuel ou du pédalier> à la soupape dans le sommier. Ces systèmes sont mécaniques, pneumatiques ou électriques. (parfois mélangés) Le système Mécanique utilise vergettes, pilotes, équerres, abrégéLes vergettes sont des lamelles de bois flexibles et minces transmettant le mouvement de traction parfois sur une grande longueur. Leurs extrémités sont liées à une tige filetée avec écrou de cuir. Un peigne évite les frottements latéraux.Les pilotes sont des petites tringles de bois cylindriques et rigides transmettant le mouvement de poussée.Les équerres transmettent le mouvement è angle droit.L’abrégé est un système de rouleaux parallèles fixés sur un trapèze qui transmet le mouvement du clavier au sommier est plus large. Il réduit, ‘abrège”, la longueur du sommier è celle du clavier.Les tirants de jeux communiquent leur mouvement par des équerres et des pilotes tournants. Une pédale ‘expressive” permet parfois de fermer ou d’ouvrir des jalousies enfermant les tuyaux d’un clavier, souvent le récit.Beaucoup d’organistes préfèrent le ‘toucher mécanique” à cause de la “sensation” de la soupape... Le système pneumatique a été inventé en 1840 par Charles Barker pour alléger la résistance des claviers (touche à plusieurs soupapes). Un relais pneumatique est situé entre chaque touche et as soupape; C’est un petit soufflet cunéiforme, commandé par la touche du clavier et alimenté par un vent sous forte pression, qui peut s’ouvrir ou se fermer avec rapidité et force.Parfois même la transmission se fait intégralement par un tube à air comprimé qui actionne un petit soufflet tirant la soupape.La machine Barker (ensemble des relais pneumatiques) ou le système tubulaire permettent un toucher souple des claviers, mais provoquent un léger décalage entre l’organiste et le début du son.Ce système n’est plus très utilisé.
La transmission électrique se fait par contact électrique au clavier et électro—aimant puissant tirant la soupape. La transmission est instantanée. Ce système est utilisé dans les très grands instruments. De plus il y a possibilité de combinaisons multiples dans l’utilisation des jeux. Mais il n’y a pas la sensation de la soupape. L’ordinateur permettra peut-étre de palter ce défaut...

LE SOMMIER. Le sommier est l’élément le plus complexe de l’orgue. Ressemblant à une caisse plate rectangulaire, il permet de faire parler le tuyau correspondant à la note et à la sonorité choisie. Il comprend trois parties :
La LAYE où arrive l’air de la soufflerie. A l’intérieur se trouve les ressorts qui appliquent les soupapes (une par touche de clavier) contre le plafond de la laye et bouchent les ouvertures vers la gravure. Les soupapes peuvent être abaissées par des tiges de fer qui traversent le plancher de la laye et sont reliées aux touches des claviers. Les boursettes entourent les tiges et évitent les fuites d’air. La laye alimente les gravures.
Les GRAVURES, situées au dessus de la laye, sont délimitées par des barres de bois parallèles et perpendiculaires à la laye, sur la largeur du sommier. Chaque gravure correspond à une seule touche du clavier et alimente tous les tuyaux placés au dessus d’elle. Les gravures et la laye sont rendues étanches par encollage de parchemins.
Le DESSUS du sommier. Sur les gravures se trouve la TABLE percée de trous (1 par tuyau). Sur la table sont fixées, perpendiculairement aux gravures, des règles de bois (faux registres ou registres dormants) entre lesquelles coulissent des règles de bois plus larges, REGISTRES coulissants, percés de trous (un trou par gravure et par touche de clavier). Le registre permet aux tuyaux de même série sonore de parler Il y a autant de registres que de Jeux au clavier. Au dessus des registres et des faux registres, la CHAPE, percée de trous comme la table soutient les tuyaux et assure l’étanchéité du sommier. A une quinzaine de cm. au dessus de la chape, une série de planches, percées de trous (plus grands) comme la chape, le FAUX SOMMIER permet de tenir les tuyaux verticalement. Fonctionnement du Sommier: La laye apporte le vent; la touche du clavier tire la soupape qui, ouverte, alimente la gravure. Le tirant de jeu de la console déplace le registre pour placer ses trous en face de ceux de la table. Le vent sort de la gravure et pénètre dans le tuyau qui émet un son. Il y a généralement au moins un sommier par clavier, parfois deux ou quatre suivant l’importance de l’orgue…



