Musiques de la Renaissance Anglaise
Le 11/12/2011 de 17h00 à 19 h 00
CONCERTS DE NOS AMIS
Collégiale SAINT ETIENNE DE CAPESTANG
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Le Petit Chœur d’Occitanie

présente :
Musiques de la Renaissance Anglaise
Présentation générale
Le Petit Chœur d’Occitanies’est constitué en 2002.
À l’origine, composé d’un groupe de cinq amis, il s’est élargi jusqu’à compter aujourd’hui une grosse dizaine de chanteurs et s’est étoffé du talent de plusieurs instrumentistes – orgue, violoncelle, violon et hautbois, flûtes, guitare,qui accompagnent et relèvent désormais ses prestations.
En 2009, c’est le Llibre Vermell de Montserrat, un recueil
catalan du XIVe siècle qui s’est inscrit à son répertoire, interprété dans une version orchestrée et théâtralisée, avec décors, costumes et chorégraphies. Sont actuellement en prévision deux autres programmes, l’un centré sur le théâtre chanté baroque, l’autre sur la musique des couronnements des rois d’Angleterre.
Le récital que nous proposons actuellement est centré sur la Renaissance anglaise. Il est issu d’un concert de musique
Renaissance dont notre ensemble avait reçu commande en 2010.
Ce premier jet du programme a connu une importante évolution. Il nous est en effet apparu que la musique anglaise de cette époque était d’une exceptionnelle richesse, portée par la belle langue de l’époque de Shakespeare, elle-même très musicale, car accentuée et dotée à la fois de consonnes sonores et de douces voyelles. Ainsi est née cette nouvelle version de notre récital Renaissance.
Ainsi s’est élaboré un récital - avec des choix inévitables –
qui se veut représentatif de cette musique. Ce florilège
contient en effet tout à la fois de musique instrumentale,
de musique vocale, profane et religieuse.
À terme, ce concert deviendra un spectacle,comparable à notre version du Llibre Vermell de Montserrat, agrémenté de décors et de costumes élisabéthains reconstitués à l’identique, dans le cadre d’une mise en scène appropriée. Tous ces éléments sont actuellement en cours de constitution.
Néanmoins, bien sûr, sous sa forme de concert plus traditionnel, ce récital est très complet et a déjà été présenté en divers lieux et occasions.
Programme musical
Introduction instrumentale
* Robert Carlton (c. 1558-c. 1638) Pavans
L’Office anglican (Morning Prayer) à l’époque de la reine
Elisabeth Ière. (1558 – 1603)
* John Bull (1562 - 1628) Praeludium (Orgue solo)
* Thomas Tomkins (1572 – 1656) The Preces
* Thomas Tallis (1572 – 1656) Nine Psalm Tunes
for Archbishop Parker’s Psalter (avec Orgue)
* John Dowland (1563 - 1626) Psalm C
* Thomas Tomkins (1572 – 1656) The Responses (1ère partie)
* Robert Stone (1516 – 1613) Our Father (avec Orgue)
* Thomas Tomkins (1572 – 1656) The Responses (2ème partie)
Intermède
* Anonyme anglais (vers 1600)
Variations sur Greensleeves
(mélodie attribuée à Henry VIII)
(mélodie attribuée au roi Henry VIII)
(Flûte traversière & Orgue)
Un florilège des compositions du roi
Henry VIII d’Angleterre (1509 - 1547)
- * Consort XIV instrumental
- * Consort XV instrumental
- * Hélas Madame vocal
- * Consort II instrumental
- * Consort III instrumental
- * The Time of youth vocal
- * Consort XII instrumental
- * Consort XXII instrumental
- * Departure is my chief pain vocal
- * Consort IV instrumental
- * Consort XVI instrumental
- * Green growth the holly vocal
- * Consort V instrumental
- * En vraye amoureinstrumental
- * Pastime with good companyvocal & instrumental
Commentaires historiques & musicologiques
Introduction instrumentale
Avant de devenir à partir du XVIIe siècle une pièce uniquement destinée au concert, la Pavane fut une danse de Cour, de caractère très aristocratique,
lente et mesurée, particulièrement adaptée aux encombrants vêtements
arborés tant par les dames que par les messieurs.
L’ouverture de notre récital évoque donc la luxueuse Cour de la reine
Elisabeth Ière, fille d’Henry VIII, elle-même excellente musicienne.
L’Office anglican
L’Anglicanisme est forme particulière du Protestantisme.
Ses origines sont complexes. Bien sûr, l’histoire de la rupture entre
le roi d’Angleterre Henry VIII (1491 – 1547)et la papauté est bien connue : elle est liée à un problème matrimonial et dynastique. En effet, deuxième souverain d’une nouvelle dynastie royale, fondée par Henry VII, son père, au terme d’une guerre civile terrible (la Guerre des Deux Roses), le roi se trouvait dans l’impérieuse nécessité de consolider son trône. Or, la reine Catherine d’Aragon ne lui avait pas donné l’héritier mâle qui en constituait alorsle garant. Fervent catholique, mais désireux de se remarier au plus vite, il demanda l’annulation de son mariage à la Cour de Rome.
Or, en 1530, préoccupé qu’il était à trouver un terrain d’entente politique avec l’empereur Charles Quint, neveu de la reine Catherine, le pape Clément VII refusa catégoriquement le divorce. La rupture était inévitable.
Au-delà de cette cause immédiate, il est probable que la rupture des années 1531 - 1533 s’alimenta dans la volonté royale de réunifier un peuple qui avait fortement souffert de la guerre civile et de lui reconstituer un fort sentiment national, gage d’unité et condition d’une puissance future. Comment, dans ces conditions, lui était-il possible de supporter longtemps l’autorité du pape, étrangère et extérieure au royaume ?
Enfin, deux autres éléments facilitèrent très vraisemblablement cette séparation : l’insularité d’une part, source de particularisme, et, d’autre part, d’antiques et très vénérables traditions liturgiques anglaises, notablement différentes de celles en usage à Rome.
Néanmoins, Henry VIII était fortement opposé au luthéranisme : son protestantisme fut donc plutôt un catholicisme sans pape, prenant précisément appui sur ces rites anglais anciens, qui avaient traversé les siècles.
Sous le règne de son fils et successeur, Edouard VI (né en 1537 et régnant de 1547 à 1553) cette « Église d’Angleterre » se dota d’un dogme précis, très proche du calvinisme. Ce fut sous son règne que fut publiée la première version du nouveau livre de la liturgie,
le Book of Common Prayer.
Sa demi-sœur aînée, Marie (née 1516, et reine de 1553 à 1558), fille de Catherine d’Aragon, rétablit momentanément le catholicisme romain comme religion d’État.
La mise en forme définitive, finalement assez originale, de l’Anglicanisme se fixa sous le long règne de la reine Elisabeth Ière
(née en 1533, et reine de 1558 à 1603). Si la doctrine reste très proche du dogme calviniste, ses formes liturgiques sont en revanche attachées à une majesté du culte proche du catholicisme (en grande partie en raison du fait que le souverain est chef et protecteur de l’Église). Elles trouvent leurs racines historiques dans la très ancienne tradition anglo-saxonne (Rite de Sarum) et s’appuient techniquement
sur des chœurs polyphoniques solides et expérimentés.
Pour ce concert, nous avons choisi de reconstituer musicalement la
quasi-totalité de Office de Mâtines, la Morning Prayer, telle que le Book of Common Prayer l’avait établie aux alentours de 1552.

La reine Elisabeth Ière
Intermède
Greensleeves est une très célèbre mélodie que la tradition attribue – sans preuve tangible - au roi Henry VIII d’Angleterre, qui célèbre avec une grande délicatesse un peu mélancolique une dame vêtue d’une robe aux manches vertes – qui donnent son titre à cette pièce. La légende rapporte que la belle dame inaccessible aurait été celle qui devint plus tard sa deuxième épouse, Anne Boleyn, dont il était éperdument épris.
Les variations destinées à la flûte sont légèrement plus tardives et se caractérisent par une ornementation du thème alternativement de caractère féminin et de caractère masculin.
Les Compositions du roi Henry VIII d’Angleterre
e roi Henry VIII
La musique profane se développe particulièrement dans le contexte du rôle nouveau attribué aux Cours royales et princières, désormais modèles et phares de la Culture, du bon goût, de la distinction, des bonnes manières
et de la mode.
Sous l’angle des Arts et la Musique, l’on a coutume de mettre en avant le rôle de la Cour des Valois, en France, dans laquelle se créent danses et chansons polyphoniques - élaborées sur le texte de poèmes contemporains. Cela ne doit pas occulter celui de l’autre grande Cour européenne, celle
des Tudors, en Angleterre, n’avait rien à envier à son équivalent
d’outre-Manche.
Homme d’une époque complexe, le roi Henry VIII, célèbre pour ses six femmes (dont deux, convaincues d’adultère, et donc de lèse-majesté, furent condamnées à mort) et pour son autoritarisme et ses persécutions religieuses, était très paradoxalement un théologien distingué et un fin musicien, dont nous interprèterons une petite moitié des trente-cinq compositions vocales et instrumentales que le temps nous a transmises.


